La Musique, même si elle n’est pas la seule composante de RDL, elle reste un élément essentiel de l’antenne. Nous avons voulu vous en dire plus sur la programmation musicale en posant quelques questions à Christian, le programmateur de l’antenne. Des questions qui, nous l’espérons, viendront vous éclairer et répondre à quelques interrogations sur la musique jouée sur RDL.

Les animateurs choisissent-ils la musique de leurs émissions ?

Non, le rôle de l’animateur est « d’animer ». La programmation musicale doit être cohérente et comme dans toute radio « professionnelle », une personne est en charge de veiller à la rotation des disques, à la couleur musicale du programme : c’est ce que l’on appelle « veiller au format de l’antenne ».

C’est donc toi seul qui décide si un disque sera joué ?

Pas tout à fait. Le directeur de l’antenne décide du format et de la tonalité à donner à l’antenne. Pour RDL, la ligne directrice est claire : nous sommes une radio adulte tournée vers un public « d’un certain âge » et nous avons toujours apporté une attention particulière à la chanson française qui représente plus de 80% du temps d’antenne consacré à la musique. Je dois tenir compte de cet impératif. Ensuite, la radio

doit être « populaire », elle se doit de jouer prioritairement des titres que les gens connaissent et aiment. Ensuite, il faut que la radio ait sa « couleur », qu’elle puisse se distinguer des autres par quelques touches originales. A ce niveau là, je me dois de proposer des titres qui s’insèrent bien à l’antenne. Des titres, parfois oubliés, mais qui s’harmonisent bien dans le fil musical. Sur ce point, c’est vrai, j’ai une certaine liberté de choix mais je fais toujours abstraction de mes goûts personnels. Ce qui compte, c’est de plaire au public et les sondages sont le « seul verdict ».

Que réponds-tu à celles et ceux qui disent que sur RDL – ou ailleurs – on entend toujours les mêmes titres ?

Je réponds qu’à ce jour, RDL est certainement en France une des radios les moins répétitives avec une large discothèque de plus de 2200 titres sélectionnés (2 fois plus que la moyenne nationale). Par ailleurs, les études que nous menons prouvent que les auditeurs ont besoin d’être rassurés par des titres qu’ils connaissent… que lorsqu’on s’écarte trop des artistes populaires, on perd l’adhésion du public… donc je dois trouver un « juste milieu ». RDL n’est pas une radio répétitive… RDL est une radio grand public c’est tout !

La radio était historiquement 100% Française et aujourd’hui, elle joue aussi des titres étrangers. Pourquoi ce choix ?

Mon travail s’inscrit dans le temps. Notre public a beaucoup évolué. Les adultes et les séniors de 2010 n’écoutaient plus, dans leur « jeunes temps » la même musique que les générations précédentes. Ce sont aujourd’hui les années 60 et 70 qui sont les années de prédilection de nos auditeurs et nous nous ouvrons vers les années 80 tout en nous éloignant progressivement des années 50 qui concernent un public marginal. Les années 70 et 80 ont vu l’émergence de nouveaux courants musicaux et les auditeurs qui écoutaient dans les années 60,  Radio Luxembourg ou Europe numéro 1 ont connu ensuite les radios pirates venues d’Angleterre mais aussi l’émergence des radios libres en France avec à la clé une véritable révolution musicale.

On ne veut pas renier l’histoire de RDL et la station restera une radio francophone à plus de 80% mais on ne peut pas ignorer une réalité générationnelle et donc RDL s’est ouverte à la musique italienne, anglo saxonne. Elle s’est  même ouverte à la musique Polonaise pour tous les auditeurs issus de la communauté Polonaise sur le bassin minier et sur BRUAYSIS RDL, nous n’hésitons pas à offrir quelques airs folkloriques qui plaisent beaucoup.

On s’inspire aussi de l’ère du temps. Pour les fêtes de fin d’année, on tient beaucoup à programmer des chansons de Noël ; idem quand arrive l’été où la programmation est plus « estivale ».

Enfin, on aime offrir à nos auditeurs des titres d’aujourd’hui qui collent bien à notre tonalité. On aime diffuser la nouvelle génération française (Nolwenn, Grégoire, Zaz etc…) et retrouver les nouvelles productions d’artistes anciens tellement ignorés par les radios nationales.

Et la musique régionale ?

Un point sensible mais je vais être franc : « on a jadis joué « tout et surtout n’importe quoi », ce qui a parfois « cassé notre image ». La stratégie de RDL a évolué en 2005 lors de l’arrivée de Thierry et de Laurent à la tête de la radio et la priorité a été de « professionnaliser » un maximum l’antenne en étant plus pointu, plus sélectif. Et c’est la même chose pour RADIO BRUAYSIS depuis son passage en BRUAYSIS RDL depuis septembre dernier.

Un chanteur qui reprend (même brillamment) des grands standards de la chanson française n’a que peu d’intérêt pour nous. Nous préférons à la copie la version originale. En ce qui concerne les créations ; tout en étant prioritairement attentif aux qualités vocales de l’artiste, nous sommes très pointus sur l’orchestration et l’enregistrement. Les chanteurs régionaux doivent pouvoir s’intégrer avec harmonie  dans la programmation générale de la radio.

Nous écoutons systématiquement les disques que nous recevons et nous suivons de près de belles voix comme Alain Delorme, Alain Sombret ; nous aimons aussi la musique « ch’timi » et je suis toujours ravi de programmer une chanson de Simon Colliez, Edmond Tanière ou Ch’ti Robert.
Je comprends l’amertume de certains artistes mais un bon artiste de scène n’est pas forcement un « artiste radio » et vice versa. Mais quand on joue le jeu à RDL, on le joue totalement et objectivement !

Tu fais donc 24H de programmation par jour ! Mais tu dors quand ?

 

 (Rires)… croyez-moi, je dors ! Et je dors bien profondément ! Je suis assisté par un logiciel informatique. Je rentre un disque et ce logiciel gère les rotations de disque : le fait par exemple que l’on entendra par un artiste à la même heure 2 jours de suite où le même titre dans la tranche horaire sur une semaine. Je rentre les titres, la machine sort une pré programmation que je vérifie intégralement pour faire quelques petites modifications car heureusement l’ordinateur n’a pas remplacé l’homme à RDL !